ÉTUDE DE L'OEUVRE INTÉGRALE

SUR LE THÉÂTRE

UNE COMÉDIE CLASSIQUE :

TARTUFFE, MOLIÈRE, 1669.



I Introduction de la Séquence

  1. biographie de Molière : site toutmoliere

  2. biographie de Molière : site Wikipedia

  3. problématique de l'objet d'étude

  4. axes de lecture de la pièce



II La mise en scène d'Ariane Mnouchkine, 1995.

  1. texte de l'interview.

  2. sujets de dissertation possibles.



I Introduction de la Séquence

II La mise en scène d'Ariane Mnouchkine, 1995.

  1. texte de l'interview.

Si quelque chose me déprime, c’est bien cette accélération phénoménale de la dévastation que connaît notre époque, et cette menace qui pèse sur la diversité, qui est ce que j’aime le plus au monde. Diversité naturelle, diversité culturelle… Tout cela s’en va, et tout ce qui n’est pas transmis est perdu. Pendant que nous parlons, une langue meurt: quand je suis fatiguée, cela me déprime, oui. En même temps, je ne suis pas payée pour être déprimée! Disons que cela me déprimerait si je n’avais pas le privilège d’avoir un outil de travail, un lieu, des amis, pour résister.

- Vous arrive-t-il de craindre que votre envie de dire quelque chose puisse desservir la pièce que vous montez ? Par exemple, lorsque vous avez mis en scène Tartuffe dans un contexte nord-africain, en 1995, certains spectateurs vous ont fait remarquer que la pièce de Molière se déroulait dans un milieu bourgeois, alors que l’islamisme algérien s’adresse au peuple…

A.M.: Oui, et d’ailleurs, c’est faux! L’islamisme s’adresse à la bourgeoisie, même s’il séduit le peuple. Non, je continue à penser que les attaques contre Tartuffe étaient très injustes. Je reste persuadée que la pièce a été écrite exactement dans ce contexte. Un spectateur m’a confié qu’en voyant ce spectacle, pour la première fois, il avait eu peur au théâtre; parce qu’il se rendait compte que les tartuffes n’étaient pas loin. Molière, lui, a écrit sous cette même menace, mais multipliée par mille! D’ailleurs, tout au long de la pièce, il ne fait rien d’autre que de hurler au diable: "Rien de plus méchant jamais n’est sorti de l’Enfer"! Et un homme qui égorge des femmes et des enfants, qu’est-ce d’autre qu’un diable, un possédé? Au sens strict, celui qui utilise le nom de Dieu pour prendre le pouvoir, c’est le diable, point. Donc, si j’avais vécu dans le sud des Etats-Unis, j’en aurais sans doute fait un pasteur protestant intégriste, mais je ne voyais pas l’intérêt de jouer ça en cols de dentelle. Si nous avons choisi de monter Tartuffe pour parler de l’intégrisme, c’est tout simplement parce que nous n’aurions pas fait mieux.

"Je ne pense pas que tout Shakespeare,

ou tout Molière, soit actuel.
Mais Tartuffe
est une fontaine de jouvence"

- Vous voulez dire que vous ne vous êtes pas réfugiés derrière l’"actualité" affirmée d’un auteur classique par facilité, par paresse, comme ont tendance à le faire parfois les metteurs en scène?

A.M.: Non. D’ailleurs, je ne pense pas du tout que tout Shakespeare, ou tout Molière, soit actuel. Les Femmes savantes ou Les Précieuses ridicules, par exemple, ne m’intéressent pas beaucoup. Même Le Bourgeois gentilhomme ne me passionne pas. Alors que Tartuffe, au contraire, est une fontaine de jouvence.

    Texte intégral de l'interview.

    2. sujets de dissertation possibles.

« Je ne pense pas du tout que tout Shakespeare, ou tout Molière, soit actuel. Les Femmes savantes ou Les Précieuses ridicules, par exemple, ne m’intéressent pas beaucoup. Même Le Bourgeois gentilhomme ne me passionne pas. Alors que Tartuffe, au contraire, est une fontaine de jouvence. » confiait Ariane Mnouchkine à un journaliste qui l'interrogeait sur sa mise en scène de Tartuffe, en 1995. Pensez-vous comme elle que Tartuffe « est une fontaine de jouvence » ?