SÉQUENCE 6 L'APOLOGUE


I CORPUS DES EXTRAITS ÉTUDIÉS POUR "L'APOLOGUE" ET QUESTION SUR LE CORPUS

II RÉPONSE AUX QUESTIONS PRÉALABLES

III LECTURES ANALYTIQUES

IV PLAN DU COURS SUR L'APOLOGUE EN 1STG1 (VOIR ÉTUDE DE LE MONDE COMME IL VA)


I CORPUS DES EXTRAITS ÉTUDIÉS POUR "L'APOLOGUE" ET QUESTION SUR LE CORPUS

L'apologue : corpus avec questions.


  1. « Parabole des vignerons et allégorie de la pièce de monnaie », Evangile selon Saint Marc, 12, 1-17.

  2. Fable « Le lion irrité contre le cerf... »,1499, et courte biographie d'Abstemius

  3. « Les obsèques de la Lionne », Fables, La Fontaine, VIII, 14, 1668-1693 Delagrave p.235

  4. « L'Eldorado » Candide, chap. XVIII, 1759 p.242

  5. « Fable ou histoire », Les Châtiments, Victor Hugo, 1856 p.244

  6. Textes complémentaires : « L'âne vêtu de la peau du lion », « Le Loup devenu berger », Fables, La Fontaine, 1668-1693.

Questions :

  1. Quel thème unit le corpus ? S'aider des champs lexicaux. À quelle oeuvre travaillée en classe ce thème pourrait-il nous renvoyer ?

  2. Les textes du corpus appartiennent-ils au même genre ?

  3. Quels registres apparaissent dans les textes de ce corpus ?

  4. Dans quelle mesure le contexte historique et littéraire de ces textes éclaire-t-il leur sens ?

  5. Quels destinataires ont ces textes ? Comment réussissent-ils à les «  instruire » et à leur « plaire » ? Quel effet ces textes ont-ils sur vous ?


1 « Parabole des vignerons et allégorie de la pièce de monnaie », Evangile selon Saint Marc, 12, 1-17.

    texte accessible sur Internet : site Lire la Bible, http://www.bibliques.com/ev/mc6.htm

2 Fable « Le lion irrité contre le cerf... »,1499, et courte biographie d'Abstemius

textes accessibles sur Internet :

site études littéraires : http://www.etudes-litteraires.com/la-fontaine-obseques-de-la-lionne.php

site Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Abst%C3%A9mius

3 « Les obsèques de la Lionne », Fables, La Fontaine, VIII, 14, 1668-1693 Delagrave p.235

texte accessible sur Internet :

site études littéraires : http://www.etudes-litteraires.com/la-fontaine-obseques-de-la-lionne.php

site A la découverte de Jean de La Fontaine : http://www.lafontaine.net/lesFables/afficheFable.php?id=160

4  L'Eldorado » Candide, chap. XVIII, 1759 p.242

texte accessible sur Internet : site ABU : http://abu.cnam.fr/cgi-bin/go?candide3,340

5 « Fable ou histoire », Les Châtiments, Victor Hugo, 1856 p.244

texte accessible sur Internet : site Lycos jccau : http://membres.lycos.fr/jccau/ressourc/hugo/extraits/ext303.htm

6 Textes complémentaires : « L'âne vêtu de la peau du lion », « Le Loup devenu berger », Fables, La Fontaine, 1668-1693.

texte accessible sur Internet : site Lycos jccau : http://membres.lycos.fr/jccau/ressourc/hugo/extraits/ext303.htm


III LECTURES ANALYTIQUES

  1. Lecture analytique des « Obsèques de la lionne »

Autre accroche possible (vers le thème et la stratégie de feinte du Cerf) Situation problématique dans laquelle s'est trouvé un courtisan de Louis XIV, un jour. Le roi lui demande de dire quelque chose sur lui, Louis XIV. Le courtisan se sort de cette situation délicate en feintant « Sire, le roi n'est pas un sujet », sans aller jusqu'au mensonge, contrairement au cerf de la fable.


Contrairement à d'autres écrivains classiques, comme Racine par exemple, La Fontaine a toujours été distant du pouvoir, même à la fin de sa vie, quand il a cessé d'être un libertin contestataire. Certes ses Fables, publiées en 3 fois entre 1668 et 1694, sont dédicacées à la famille royale et même l'une d'elle, la fable 4 du livre VIII, publié en 1678, « le pouvoir des fables » compare Louis XIV à Hercule, comme le voulait la propagande de l'absolutisme royal à l'époque (voir les statues de Puget ou du Bernin). Mais d'un autre côté, ses Fables font aussi fréquemment la satire du roi et de sa Cour, notamment dans une autre fable du même livre VIII, « les Obsèques de la Lionne ». Cette contradiction permet de comprendre son idéal de « l'aurea mediocritas » selon la formule du poète latin Horace. Cet idéal aristotélicien de la « médiocrité en or », de la juste mesure, se retrouve dans la fable des Obsèques de la Lionne, inspirée par une fable de l'humaniste Abstemius, où l'art du récit, du dialogue et de la versification est mise au service d'une leçon de flatterie ambiguë.

Comment la Fontaine défend-il la flatterie dans sa fable « Les Obsèques de la lionne » ?


I POUR DÉFENDRE LA FLATTERIE, LA FONTAINE SE SERT D'UNE ARGUMENTATION DIRECTE ET INDIRECTE SOLIDE

  1. Une argumentation directe

  1. Une argumentation indirecte

  1. Une réécriture habile de la fable d'Abstemius.

  1. L'art du récit

  1. L'art du dialogue

  1. L'art de la versification

  2. Abstemius a écrit une fable ne prose. Non seulement La Fontaine l'a transformée quant au message, en le rendant plus problématique, mais il l'a aussi versifiée. C'est un véritable poème, malgré la présence d'un récit et d'une argumentation solidement construits.


III POUR FAIRE PROGRESSER SON LECTEUR LA FONTAINE LE REND COMPLICE EN L'IMPLIQUANT DANS LE RÉCIT ET L'ARGUMENTATION

  1. L'implication par les procédés oratoires

  1. L'implication par le recours à l'humour

  1. L'implication par le recours à l'ironie


Pour l'ouverture de la conclusion :

    Au sujet du monarque, on pourrait être surpris de l'audace de La Fontaine, mais en fait les remarques satiriques, savamment dispersées, mêlées de plaisanteries, prenaient appui sur des fables traditionnelles où ce discours était convenu. Si le Roi paraît injuste dans Les Animaux malades de la Peste (voir aussi la conclusion de la fable Le Chat, la Belette et le petit Lapin et Le Milan, le Roi et le Chasseur), peu intelligent dans Les Obsèques de la Lionne, sur certains points, cependant,  La Fontaine va tout à fait dans le sens du pouvoir : les attaques contre les astrologues et les devineresses s'inscrivent dans une lutte officielle contre les "fausses sciences"; les critiques de la magistrature font écho aux réformes de la justice voulues par le roi (L'Huître et les Plaideurs). Au fond, l'attitude la plus générale de La Fontaine se prononce pour une réserve distante à l'égard de la politique. on est finalement assez loin de l'engagement revendiqué, du militantisme d'un Paul Éluard ou d'un Louis Aragon. Vaut-il mieux adopter la prudence de La Fontaine ou le courage de René Char ?


  1. Lecture analytique de « l'Eldorado »

L'Utopia, de l'humaniste Thomas More, publiée en 1516, était très lue et souvent rééditée. Au Siècle des Lumières, éditions, traductions nouvelles, rééditions, n’ont cessé de se succéder, faisant ainsi de cette œuvre l’un des livres les plus lus de la littérature européenne moderne pendant les Lumières.

L'originalité comme le succès de ce roman ont conduit à des imitations, et cette oeuvre se trouve ainsi à l'origine d'un nouveau genre littéraire auquel on donne précisément le nom d'utopie. Voltaire a souvent recouru à ce genre pour faire passer ses idées subversives de manière plaisante et efficace quelle que soit la censure. En particulier les chapitres XVII et XVIII de son conte philosophique sur l'optimisme, Candide, publié en 1759, fait parvenir le héros éponyme, Candide, en Eldorado, une contrée mythique paradisiaque. Le contraste avec les étapes précédentes de son voyage, souvent réalistes, où les sociétés européennes rivalisent de cruauté et d'intolérance est fort. Dans l'extrait que nous étudions, Candide et son valet Cacambo discutent avec « un vieillard »

Comment et dans quel but Voltaire crée-t-il le monde utopique de l'Eldorado ?

I VOLTAIRE CRÉE UN MONDE FÉÉRIQUE : L'ELDORADO

  1. Présence du surnaturel, donc du registre merveilleux. La réaction de Candide est une image de celle qui est attendue de la part du lecteur. Après avoir vu toutes les horreurs possibles (autodafé, tremblement de terre, guerres) Candide découvre un être et un lieu parfaits . Champ lexical de l'abondance, du plaisir (physique, intellectuel), de la satisfaction.

  2. Cette péripétie féérique insérée dans un récit de voyage est typique du genre de l'utopie. Eldorado, comme l'île de Thomas More, est un lieu non repérable, coupé du monde, fonctionnant en autarcie, donc une utopie au sens initial du mot. Ce terme est composé du préfixe privatif u (qui se prononce ou) et du mot topos qui signifie lieu. Le sens d'utopie est donc, approximativement, "sans lieu", "qui ne se trouve nulle part". En même temps c'est un monde parfait, qui fait rêver. une eutopie. dans l'en-tête de l'édition de Bâle de 1518 d'Utopia, Thomas More utilise, exceptionnellement, le terme d' Eutopia pour désigner le lieu imaginaire qu'il a conçu. Ce second néologisme ne repose plus sur le suffixe privatif u mais sur le suffixe eu, que l'on retrouve dans euphorie et qui signifie bon. Eutopie signifie donc "le bon lieu".

  3. Ce monde féérique est créé par trois procédés qui se complètent : le récit (connecteurs spatio-temporels), la description (présent à valeur descriptive, verbes d'état et expansions du nom) et, surtout, le discours (discours direct, indirect et narrativisé). L'intérêt de ce discours est de montrer une confrontation de points de vue. On a le point de vue de Candide sur Eldorado et celui du vieillard sur les Européens. L'éloge de l'Eldorado est indissociable de la satire de la société et des institutions européennes.

II VOLTAIRE CRITIQUE PAR L'UTOPIE LES DYSFONCTIONNEMENTS DE LA SOCIÉTÉ

  1. Critique de la guerre et en particulier des guerres de conquête (// avec guerres Picrocholines dans Gargantua, qui est aussi un apologue contenant une utopie, celle de l'abbaye de Thélème). Champ lexical de la violence, lexique évaluatif péjoratif exprimant la condamnation de cette violence absurde et dangereuse.

  2. Critique de la colonisation « rapacité » (cailloux et boue = matières premières, en particulier or et diamants)

  3. Critique de la façon dont les pays européens conçoivent la religion faite par la bouche du veillard. Critique du sectarisme, de l'intolérance religieuse (religions intolérantes entre elles, conséquence = violence « brûler les gens qui ne sont pas de leur avis », de la monopolisation de la spiritualité par les prêtres (clergé séculier) et les moines (clergé régulier). Satire des moines : gradation des verbes indiquant une dangerosité croissante.

  4. L'antithèse avec Eldorado est forte et Voltaire y insiste à la fin avec le leitmotive du conte philisophique « Ceci est bien différent de la Westphalie ». Le contraste sert à souligner l'éloge des valeurs qu'incarne Eldorado.

III L'UTOPIE DE L'ELDORADO INCARNE DE MANIÈRE EFFICACE LES VALEURS DE L'HUMANISME DES LUMIÈRES

  1. Un idéal moral incarné par « le bon vieillard » « le bon et respectable sage » : « innocence » (« il rougit » *2), bon sens (modalisateur « apparemment ») et mesure, pas d'ascétisme : confort.

  2. Un idéal artistique : artisanat raffiné, musique

  3. Un idéal politique : refus du joug d'un peuple sur un autre, d'un être sur un autre, prise en commun des décisions même s'il ya un « roi » et des « chefs de famille » ceux-ci « ordonnent, du consentement de la nation » donc en lui demandant son avis. Idéal d'une société unie par leur raison, universelle (« nous sommes tous ici du même avis »).

  4. Un idéal religieux : le déïsme. Cf Wikipedia Le déisme, du latin deus (: dieu) est la croyance en un Dieu créateur, mais pas en son instrumentalisation religieuse. Les déistes ne croient ni aux prêtres, ni à une « Église », ni à des textes sacrés ou des messies. Le déisme consiste donc en l'affirmation, hors de toute révélation religieuse, de l'existence d'un être suprême dont la nature et les propriétés restent inconnaissables. se déclarait déiste, notamment dans son article intitulé « Prière à Dieu ». Le Dieu déiste est universel, il n'y a pas d'intermédiaire entre les êtres et Dieu, ce Dieu est bien supérieur à la « petitesse humaine » et ne s'occupe donc pas de ses affaires, ses cultes, ses rites et autres superstitions. Cette conception d'un Dieu distant se résume dans cette célèbre phrase du français : « L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer que cette horloge existe et n'ait pas d'horloger ».

  5. L'idéal qui est à la base : la tolérance « mes amis », l'ouverture à l'autre symbolisées par le voyage. C'est l'esprit philosophique, raisonnable et optimiste sans perdre sa lucidité, incarné par ce dialogue et mis en valeur par le contraste avec la folie des discours qui sont apparu dans les précédents chapitres (pr ex pour l'autodafé).

  6. Efficacité due au caractère féérique d'Eldorado, mais aussi à l'humour avec lequel l'auteur utilise le point de vue omniscient, ironique vis-à-vis de celui de Candide, pour rendre le lecteur complice de cette fiction allégorique.



    CONCLU ouverture : comparer avec la stratégie argumentative de l'article fanatisme ou sur la lecture cursive de Candide ou sur la connaissance d'une contre-utopie (La Ferme des animaux ou Le Meilleur des Mondes ou le monde de Matrix, par exemple)



  1. Lecture analytique de « Fable ou histoire »


Montrez que le titre de ce poème synthétise l'interprétation qu'on peut en faire.


I CE POÈME EST UNE FABLE

  1. Récit allégorique où les animaux incarnent les hommes et où tout a une valeur généralisante. Formule rituelle du conte « un jour »

  2. Constantes du récit : schéma narratif, descriptions rapides, discours direct rendant plus vivant le récit.

  3. Morale implicite

  4. Satire d'un caractère : le tyran, l'hypocrite.

  5. Fable versifiée : alexandrin.


II CE POÈME ENGAGÉ RACONTE LES ÉVÉNEMENTS HISTORIQUES QUI ONT CONTRAINT L'AUTEUR À L'EXIL

Ce n'est pas seulement un récit général c'est aussi un récit particulier qui s'inscrit dans une situation exceptionnelle.

  1. Date d'écriture donnée par Hugo (entre le premier coup d'Etat 2 décembre 1851 et le referendum 2 décembre 1852) : il raconte de manière allégorique la stratégie hypocrite de Louis Napoléon Bonaparte pour s'emparer du pouvoir (passer pour Napoléon III). Métaphore pour cela empruntée aux clichés populaires « le singe » (cf. verbe singer synonyme d'imiter -mal- )

  2. Satire de la société française qui n'a pas résisté à N III (bête et lâche), contraste entre « les bêtes l'admiraient, et fuyaient à grands pas » et « un belluaire vint »

  3. Violence de la satire de NIII


IV Plan du cours sur l'apologue

1 DÉFINITION GÉNÉRALE DE L'APOLOGUE

  1. Récit exemplaire contenant une leçon morale, politique, philosophique ou religieuse.

  2. Souvent fonction critique et/ou didactique.

  3. Argumentation indirecte d'où efficacité pour toucher la cible (éviter censure, éviter que le lecteur ses sentant directement visé refuse d'entendre le message)

  4. Forte présence d'éléments symboliques en particulier allégories.

Cas particuliers : exemplum, fable, utopie et contre-utopie, conte philosophique.


2 DÉFINITION DU CONTE PHILOSOPHIQUE VOLTAIRIEN (utile pour Candide)


  1. Analyser le paratexte -> suggestif

  2. Composition narrative (schéma narratif et actanciel, soin apporté à l'écriture de l'incipit et de la chute)

  3. portée philosophique à dégager