SÉQUENCE 1

Engagement et propagande

Groupement de textes n°1



PLANNING




À faire pour le cours du lundi

À faire pour le vendredi

semaine du 10/09

Choisir une lecture cursive pour la séquence 1 :

* Le Meunier d'Angibault, George Sand, 1845, accessible librement sur Internet, http://www.gutenberg.org/files/13892/13892-8.txt

Mais on peut aussi le trouver en livre de poche.

*Germinal, Emile Zola, 1894 (accessible au CDI, 31 exemplaires).

*L'Etranger, Albert Camus, 1942.

*Les Justes, Albert Camus, 1938.

*une pièce de théâtre de Bertolt Brecht (La Résistible Ascension d'Arturo Ui par exemple (Der aufhaltsame Aufstieg des Arturo Ui), 1941. Théâtre Complet, Bertolt Brecht, ed de l'Arche, ISBN 2-85181-205-X   19,80€

*Le Meilleur des Mondes, Aldous Huxley, 1948.

*La Ferme des Animaux, George Orwell, 1945.

*1984, George Orwell, 1949.

*Les Yeux d'Elsa, Louis Aragon, 1942.

*La Diane Française, Louis Aragon,1945.

*Le premier accroc coûte deux cent francs, Elsa Triolet, 1944 (prix Goncourt).

*Qu'est-ce que la littérature ? Jean-Paul Sartre, 1947.

*Le Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir, 1949.

*Les Mémoires d'une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir, 1958.


Chercher des chansons engagées ou des extraits de films engagés. Piratage interdit.

semaine du 17/09

Lire le corpus de textes autour du texte 2 (4 photocopies + NPF Texte 5 p.135) et faire des recherches sur la biographie de Dreyfus, de Zola et sur le contexte de « J'accuse ». Consulter notamment le site Internet Wikipedia.


semaine du 24/09

Réaliser un écrit d'invention en groupe (3-9 élèves). Écrire un journal mensuel intitulé Manière de lire portant sur la littérature du XVIII, du XIX ou du XX e siècle. Ce journal comportera obligatoirement des articles sur des auteurs littéraires variés, un éditorial, une table des matières, une couverture, une quatrième de couverture, et des illustrations. Il pourra aussi contenir une lettre ouverte, une biographie, un courrier des lecteurs et un droit de réponse.

Faire des recherches sur la biographie de Hugo et sur le contexte des Châtiments.

semaine du 01/10

Faire un plan détaillé pour le sujet de dissertation suivant et rédiger une partie.

« Longtemps j'ai pris ma plume pour une épée : à présent je connais notre impuissance. N'importe : je fais, je ferai des livres ; il en faut ; cela sert tout de même. La culture ne sauve rien ni personne, elle ne justifie pas. Mais c'est un produit de l'homme : il s'y projette, s'y reconnaît ; seul, ce miroir critique lui offre son image ». Discutez cette affirmation de Jean-Paul Sartre, exprimée dans Les Mots, publié en 1964. Vous pouvez trouver de l'aide dans le manuel Nathan Les Nouvelles épreuves du bac pp.72-73 et 78-79.


08/10

Devoir surveillé : rédiger un commentaire à partir d'une consigne donnant deux axes de lecture.

Rendre le DM1





DM1 Corpus de textes :

Texte A : « Ce monstre arme le fils... » Pierre de Ronsard, Discours des misères de ce temps, 1562. Littérature 1ere pp 48-49

Texte B ; « J'ai vu le reître noir ...» Les Tragiques, Agrippa d'Aubigné, 1616. Littérature 1ere p50.

Texte C : «  En approchant de la ville... », Candide chp. XIX, Littérature 1ere, p.100.

Texte D : « Ce n'est donc plus aux hommes... » Traité sur la Tolérance, Voltaire, 1763, Littérature 1ere p.102.

Texte E : « Afrique », Coups de pilon, David Mandessi Diop, 1956, Nouvelles Pratiques du Français p. 220.





QUESTION SUR LE CORPUS

Question : Comment se manifeste l'engagement des auteurs du corpus dans leur texte ?

TRAVAIL D'ÉCRITURE (UN AU CHOIX)

Commentaire : vous commenterez le texte E , « Afrique », de David Mandessi Diop,

Dissertation : Dans quelle mesure l'écriture littéraire peut-elle constituer une arme ?



INTRODUCTION


Dans les premiers cours nous avons comparé deux articles de journaux. Le premier, « Indécente réhabilitation de Leni Riefenstahl », extrait de Manière de Voir n°88, est polémique et critique violemment la célébration mondiale de la cinéaste allemande favorie du nazisme pour qui elle a fait plusieurs films de propagande. Le second, extrait de Télérama 19 août 2006, est un éloge de Ken Loach, cinéaste engagé auteur d'un dernier film très controversé sur la guerre d'indépendance irlandaise.


À travers cette comparaison nous avons vu qu'il faut différencier engagement et propagande. Dans les deux cas, un artiste, un écrivain, un intellectuel, met son talent au service d'une cause pour laquelle il se bat. Aussi, il est difficile de définir ce qu'est réellement l'engagement. Quelle limite le sépare de la propagande ? Est-il bon ou non pour un artiste, pour un écrivain d'être « engagé » ? Faut-il au contraire qu'il reste retiré « dans sa tour d'ivoire » ?


LECTURE ANALYTIQUE N°1

« Les raisons de sa colère », interview de Ken Loach par Laurent Rigoulet, Télérama, 19 août 2006.

Texte complet

Extraits du film

Ken Loach, fils d'un électricien, né en Angleterre, est un réalisateur de télévision et de cinéma. Jeune trotskyste, dans les années 1970, il a travaillé pour la BBC. Ses séries télévisées mettaient en scène les luttes ouvrières notamment. Elles ont obtenu du succès malgré les mesures de censure exercées par le gouvernement pour limiter l'engagement de ce cinéaste. Loach est passé au cinéma, là il a connu une autre forme de censure, la censure économique. Pas étonnant quand on choisit comme sujets favoris la lutte des syndicats contre l'exploitation, l'antimilitarisme, et l'antiimpérialisme. Pourtant Loach est devenu un auteur à succès comme en témoigne son dernier film, Le Vent se lève, sur la guerre d'indépendance de l'Irlande, Palme d'Or à Cannes et beau succès au box-office. Laurent Rigoulet, journaliste à l'hebdomadaire Télérama, l'a interviewé, sur « les raisons de sa colère » au moment de la sortie du film, en août 2006. On peut avoir l'impression que cet interview est un peu complaisant à l'égard du cinéaste controversé. Nous nous poserons la question suivante :



Quelle image de Ken Loach se dégage de cet article ?



I L'IMAGE D'UN CINÉASTE ENGAGÉ (D'après cette interview, on voit que Ken Loach est un auteur engagé car 1)...2)... 3)... 4)...

  1. son discours s'inscrit de manière nette dans une actualité brulante

  1. l'auteur exprime des sentiments d'indignation, de révolte, de mépris en utilisant le registre polémique

  1. il y a une désignation claire des combats menés et des moyens mis en oeuvre pour les mener

  1. on trouve des références aux conséquences de l'engagement de l'artiste sur sa vie et sur son art

II UNE IMAGE FLATTEUSE (En lisant cette interview, on voit que le journaliste veut nous donner une opinion favorable sur Ken Loach car 1)... 2)... 3)...

  1. L' image donnée est typique du plaidoyer.

  1. Comme l'auteur et le film présentés sont controversés, l'éloge utilise naturellement et fréquemment l'antithèse

  1. L'image donnée de Ken Loach est celle d'un modèle à suivre

    Télérama : journal de gauche, partisan logique des idées de Ken Loach mais effort d'objectivité à travers la présentation des critiques adressées à KL.



Certes l'image que cet article de Laurent Rigoulet donne de Ken Loach est flatteuse mais elle semble juste car l'argumentation de Ken Loach pour défendre ses combats sont convaincants et que ses propos plein d'humour et de force en même temps sont persuasifs. le plus grand intérêt de ce texte est de nous faire réfléchir aux points communs qu'il y a entre engagement et propagande. Il y a une limite qu'il est difficile de ne pas franchir pour les auteurs qui se veulent « engagés ». Nous voyons bien cette limite en comparant Ken Loach à Leni Riefenstahl (voir doc complémentaire). Mais, pour un artiste, comment ne pas céder à la peur des menaces, comment ne pas céder à l'habitude, au confort de suivre une pensée unique, d'être apprécié par un public qui a lui-même besoin de ce confort intellectuel ? Aragon, Éluard sont tombés dans ce piège. pour ne pas céder à cette tentation, Ossip Mandelstam s'est suicidé. D'autres, comme le mari d'Anna Akhmatova ont été exécutés pour leur refus d'obéir au Parti. Chaplin a été victime du maccarthysme à cause de sa satire du capitalisme américain...



LECTURE ANALYTIQUE N°2

« J'ACCUSE », L'Aurore, 13 JANVIER 1898.

ÉMILE ZOLA ET L'AFFAIRE DREYFUS

TEXTE COMPLET

TEXTES COMPLÉMENTAIRES : LES COMMÉMORATIONS DE « J'Accuse » en 1998

Voir le plan détaillé d'un commentaire de la fin de « J'accuse », mis en ligne par le Lycée Matisse, près de Toulouse.



Plan détaillé de la lecture analytique faite en cours.

INTRODUCTION


Convaincu que le capitaine Alfred Dreyfus est innocent du crime de haute trahison pour lequel deux conseils de guerre l'ont condamné grâce à des preuves truquées, ému par sa souffrance et révolté par le militarisme et l'antisémitisme dont il est la victime, Émile Zola, romancier naturaliste célèbre pour sa série des Rougon-Macquart écrit une lettre ouverte au Président de la République, Félix Faure. Elle sera publiée le 13 janvier 1898 dans le journal l'Aurore dont Clémenceau était rédacteur en chef.

L'introduction de cette lettre parue à la place de l'éditorial, justifie la forme de communication choisie - une lettre ouverte au président de la République. Puis une première partie ramène le lecteur trois ans en arrière, à l'automne de 1894, qui a vu l'arrestation et la condamnation de Dreyfus. La deuxième partie se situe dans l'actualité immédiate: elle traite de " l'affaire Esterhazy ", analysant l'acquittement scandaleux que vient de prononcer, deux jours plus tôt, le Conseil de guerre. La troisième partie souligne le double crime qui a été ainsi commis - « condamner un innocent, acquitter un coupable. » Enfin, sur la deuxième page de l'Aurore, dans la dernière colonne, surgit la conclusion, avec la litanie des " J'accuse ", restée si célèbre. C'est cette conclusion que nous allons étudier.

Comment Zola conclut-il sa lettre ouverte ?


I La conclusion d'une analyse rigoureuse

On lit dans cette fin de lettre ouverte la conclusion d'une analyse rigoureuse. C'est une argumentation logique et bien organisée. Qu'est-ce qui nous permet de le dire ?

  1. les indices typiques de la conclusion « il est temps de conclure » après les trois étoiles, « donc », connecteur logique conclusif au début et à la fin de notre extrait, formule de politesse à la fin de la lettre « Veuillez agréer... profond respect », et signature, appel au public visé, au-delà du Président Felix Faure « que l'enquete ait lieu au grand jour ».

  2. de nombreux connecteurs logiques indiquent la présence d'une argumentation solide « puisque » à valeur causale, « d'une part », « de l'autre » « quant à »exprimant l'addition et l'opposition, « si » exprimant l'hypothèse.

  3. l'auteur résume ici une analyse qu'il a développée dans le corps de sa lettre ouverte. Dans notre extrait on voit nettement que Zola s'est renseigné avant d'agir il est précis dans ses affirmations « depuis trois ans » il cite des textes de loi « articles 30 et 31 de la loi sur la presse ». Les arguments de son plaidoyer de Dreyfus sont clairs et sont hiérarchisés du moins fort au plus fort, selon une gradation persuasive.



LECTURE ANALYTIQUE N°3

«Fable ou Histoire», Les Châtiments, Victor Hugo, 1853.

Texte et commentaire sur un site personnel

LECTURE ANALYTIQUE N°4

«Strophes pour se souvenir», Le Roman inachevé, Louis Aragon, 1956.

.


  1. Nous avons commencé par regarder et par interpréter l'affiche élaborée par le service de propagande du gouvernement de Vichy au moment du procès des 23 résistants de la MOI (main d'oeuvre immigrée) dont Missak Manouchian était le chef. Cette affiche se trouve reproduite dans le manuel p.237. Nous avons analysé le jeu des couleurs, le caractère « documentaire » adopté par l'affiche (grâce aux photos et portraits), les slogans écrits en gros et la courte description écrite accompagnant les photos d'identité des résistants. De là, nous avons étudié le message, la visée de l'affiche : faire considérer ces hommes comme des terroristes étrangers et non comme des résistants combattant pour la libération de la France alors occupée par les allemands nazis avec lesquels le régime de Pétain collaborait. Nous avons bien vu là l'oeuvre de la propagande xénophobe, antisémite, anticommuniste et pétainiste de la collaboration. Nous nous sommes alors demandé si l'on pouvait avoir malgré tout une opinion positive sur ces hommes condamnés à mort par le régime de Vichy (procès filmé à la demande de Goebbels).

  2. L'exercice consistait à écrire un éloge de ces hommes présentés comme des « terroristes » par l'affiche. Cet exercice s'est révélé difficile... Et pour cause, l'affiche est bien faite, elle exerce une réelle pression sur les esprits, elle manipule efficacement l'opinion publique grâce à sa parfaite maîtrise de la rhétorique et du pouvoir de l'image ! Elle fait un amalgame entre « terroriste et résistant, elle mobilise et cultive la xénophobie, le « racisme » dirait-on aujourd'hui, et l'antisémitisme, elle joue sur la peur du communisme associé au sang par la couleur rouge, terrorise le public en présentant des photos d'assassinats et sabotages réussis par le groupe Manouchian.

  3. Pour trouver des raisons de donner une image positive de ces hommes et donc de faire leur éloge funèbre, nous avons lu la dernière lettre adressée par Missak Manouchian à sa femme Mélinée, depuis la prison de Fresnes, le 19 février 1944. Nous nous sommes aperçus que Manouchian en luttant pour la Libération a défendu des valeurs humanistes et républicaines, qu'il l'a fait avec courage et abnégation et qu'il exprime son amour pour sa femme, pour la vie, et pour la France de manière poétique et touchante. Nous avons alors pu nous servir de cela pour composer un éloge du groupe Manouchian.


  1. Aragon a fait de même mais il est allé plus loin. Il retourne la propagande de la collaboration contre elle-même dans un poème écrit en 1955, 11 ans après l'exécution de ces prétendus « terroristes »(fusillés et décapitée pour la seule femme du groupe Manouchian). Ce poème de 7 quintils (strophes de cinq vers) d'alexandrins, s'intitule « Strophes pour se souvenir » mais aujourd'hui on le connaît surtout sous un autre titre hérité de la mise en chanson de Léo Ferré : « l'affiche rouge ». Ce titre est mérité car la transformation de l'affiche de 1944 y tient une grande place. Cce poème réhabilite comme des héros de la Résistance les 23 prétendus « terroristes ». Dans cet éloge funèbre touchant, Aragon reste simple et de manière réaliste. Durant deux strophes et demi il transcrit (en l'adaptant aux contraintes de l'alexandrin) la parole à l'homme et au poète que fut Missak Manouchian le chef du groupe de ces 23 résistants.

  2. Prolongements possibles : consulter ces quelques sites (sur le 3ème, on peut se contenter d'écouter, « là-bas » quelqu'un lit pour vous...)


  1. Plan répondant à une question possible (photocopie donnée en classe je ne retrouve plus mon document dans les fichiers...) :

    Comment et pourquoi le poète Aragon rend-il hommage à ce passé, celui de la Résistance française communiste immigrée ?

Plus connu sous le titre « L'affiche rouge » qui lui a été donné par Léo Ferré dans son adaptation musicale, le poème d'Aragon intitulé « Strophes pour se souvenir », extrait du Roman Inachevé, publié en 1956, célèbre les 23 martyrs de Vingtré, résistants FTP (francs tireurs partisans) de la MOI (Main d'Oeuvre Immigrée, section communiste créée pour les immigrés, très nombreux en France à l'époque). Quand on étudie la genèse du poème on se rend compte que le 1er titre trouvé était « groupe Manouchian ». En effet le poème se compose de trois éléments qui mettent en valeur le chef du groupe, Missak Manouchian, d'origine arménienne, qui était aussi un poète. D'abord on lit un bref récit contenant une description, celle de la fameuse « affiche rouge » placardée par le gouvernement de Vichy pour discréditer ces résistants en les faisant passer pour des terroristes, inhumains, appartenant au judéobolchevisme responsable de l'abârtadissement de la race, selon l'idéologie nationaliste allemande et française de l'époque. Puis apparaît la réécriture poétique de la dernière lettre écrite par le chef de ces 23 résistants, Missak Manouchian, à sa femme, Mélinée. Suit la strophe finale où le poète reprend le récit et insiste sur les valeurs pour lesquelles ces jeunes « étrangers » défenseurs de la France ont donné leur vie.

Comment et pourquoi le poète Aragon rend-il hommage à ce passé, celui de la Résistance française communiste immigrée ?